Décollage de la fusée de la mission Artémis 2 emmenant trois astronautes américains et un canadien autour de la Lune, au Kennedy Space Center à Cap Canaveral, en Floride, le 1er avril 2026 ( AFP / Jim WATSON )
Les quatre astronautes de la mission Artémis 2 de la Nasa ont quitté jeudi l'orbite terrestre et mis les gaz vers la Lune dont ils feront le tour dans quelques jours, un exploit qui n'a pas été accompli depuis plus d'un demi-siècle.
"L'humanité a une fois de plus montré de quoi elle est capable", a salué à bord l'astronaute canadien Jeremy Hansen, qui a embarqué dans ce périple aux côtés de trois Américains.
"Ce sont vos espoirs pour l'avenir qui nous portent aujourd'hui dans ce voyage autour de la Lune", a-t-il encore lancé peu après la tenue vers 23H49 GMT de cette manoeuvre clé, l'une des plus importantes de la mission.
Pendant près de six minutes, le vaisseau Orion les transportant a donné le grand élan nécessaire pour s'arracher de l'orbite terrestre, et s'éloigne désormais de la planète bleue en direction de la Lune.
"On est tous scotchés aux fenêtres", a confié M. Hansen, décrivant "une vue imprenable" de la "Terre éclairée par la Lune". "C'est phénoménal".
Avec cette grande poussée, Artémis 2 devient le premier vol habité à prendre la direction de la Lune depuis la fin du programme Apollo en 1972, la présence humaine s'étant limitée entre temps aux environs immédiats de la Terre, principalement la Station spatiale internationale (ISS).
Située à plus de 384.000 kilomètres, la Lune est 1.000 fois plus loin de la Terre que l'ISS et il leur faudra trois à quatre jours pour la rejoindre. Ils ne s'y poseront pas, mais en feront le tour, passant derrière sa face cachée lundi avant de revenir sur Terre le 10 avril.
- Pas de retour en arrière -
Infographie montrant les principales étapes de la mission Artemis 2 de la Nasa, visant à emmener un équipage de quatre personnes dans le vaisseau spatial Orion autour de la Lune, avec un lancement prévu début 2026 ( AFP / Jonathan WALTER )
Lors de ce périple, l'équipage battra un record en devenant celui à s'être aventuré le plus loin dans l'espace.
Leur trajectoire a été déterminée de sorte que le vaisseau soit attiré par la Lune puis retourne ensuite droit vers la Terre, sans propulsion supplémentaire.
Un calcul ingénieux qui dispose néanmoins d'un inconvénient: une fois la grande poussée initiée, il n'y a pas de retour en arrière possible.
Afin de rentrer sur Terre, Orion aura donc besoin d'aller jusqu'à la Lune et d'en revenir, soit un voyage de plusieurs jours.
Pour limiter les risques, les astronautes à bord - les Américains Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, et le Canadien Jeremy Hansen - ont donc réalisé dans les 24 heures suivant le décollage une série de vérifications à proximité de la Terre.
Lors de ces tests, ils ont cherché à s'assurer de la fiabilité de leur vaisseau, qui n'avait jusqu'alors jamais transporté personne.
- "Système de survie" -
Les quatre astronautes de la mission Artémis 2 avant leur décollage, le 1er avril 2026 au Kennedy Space Center de Cap Canaveral, en Floride ( AFP / Jim WATSON )
Si un problème survenait à présent, l'équipage disposerait toutefois d'un "système de survie" grâce à ses combinaisons, avait expliqué en amont du vol Christina Koch.
"Elles ont été conçues pour nous maintenir en vie. En cas de fuite dans la cabine, elles peuvent assurer notre survie pendant 144 heures, soit six jours", avait-elle détaillé.
Leur aventure n'en demeure pas moins risquée car il s'agit avant tout d'un "test", a insisté à de multiples reprises Jared Isaacman, patron de la Nasa.
La mission Artémis 2 vise ainsi à ouvrir la voie à un retour des Américains sur le sol lunaire en 2028, avant la fin du second mandat de Donald Trump, pour cette fois y rester.
Mais elle constitue à elle seule une première à plusieurs égards car il s'agit notamment du premier vol lunaire auquel participent une femme, une personne de couleur et un non-Américain.
La Nasa ambitionne de construire une base près du pôle sud lunaire, où aucun homme n'a jamais été, et de se servir de ces missions lunaires pour préparer de futurs vols vers Mars.
Une entreprise extrêmement complexe et coûteuse. Le programme Artémis, qui a coûté des dizaines de milliards de dollars, a ainsi connu ces dernières années de nombreuses déconvenues et retards.
Des déboires qu'elle espère laisser derrière elle avec Artémis 2, qui se passe jusqu'à présent sans incident majeur.
"La Nasa a vraiment besoin que ça marche", dit à l'AFP Casey Dreier, un expert de The Planetary Society.

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